Réveillons l’éco-guerrier qui sommeille en nous !

 » Beaucoup de gens disent que nos actions sont futiles, qu’il n’y a aucun moyen d’arrêter la vague humaine dévastatrice. Beaucoup me condamnent, ainsi que mon équipage, pour oser prendre en main la justice et combattre les barons des entreprises de profit. Certains sont à ce point aveuglés par la folie de leur anthropomorphisme glouton, qu’ils voudraient bien nous voir derrière les barreaux, ou même morts.
Je m’en moque. Je fais ce que je fais parce que c’est juste. Je ne me suis jamais soucié de perdre ou de gagner.
Je suis un guerrier, et c’est la destinée du guerrier de se battre même quand la victoire est un rêve incertain. Je n’ai pas d’illusions. Je sais que le taux d’extinction des espèces sur la Terre augmente chaque jour. Cette constatation me met en colère. 
En tant que guerrier, j’apprécie cette colère car c’est elle qui me donne la force et le courage d’aller au bout de mes convictions. Le spectre de l’extinction, la menace de l’extermination, l’approche d’un holocauste certain me rendent fort.
Et pourtant, il y a de l’espoir. Peut-être, et peut-être seulement, nos efforts nous feront-ils gagner un peu de temps et d’espace. Mon ami Edward Abbey a dit un jour :  » La vie est cruelle, mais par rapport à quoi ?  » Et il avait raison. La vie est ce à quoi nous devons nous raccrocher : il n’y a pas d’autre solution.
Heureusement, mon faible espoir de voir la puissance de la vie finir par triompher n’est pas uniquement une théorie, ni une utopie. Depuis que j’ai regardé dans l’oeil d’une baleine, je n’accepte plus de me laisser importuner par les trivialités de l’égocentrisme humain… » Épilogue, Ocean Warrior, La génèse de Sea Shepherd, Capitaine Paul Watson, Black-star (s) Éditions, Nov 2013

En 2009, j’étais « omnivore ». Je n’avais, jusqu’alors, jamais remis en doute le fait de consommer de la viande et du lait. J’avais acquis de part mon éducation et ma culture que la viande et le lait étaient indispensables à un bon équilibre alimentaire. Pourtant, la consommation de certaines viandes m’indisposée. Puis, j’ai appris. La viande et le lait ne sont pas indispensables à un état de bonne santé. Pire, ils seraient le nid de nombreuses maladies et une source de déséquilibre environnemental. À partir de ce moment, j’ai revisité ma façon de manger. Il devenait évident que mes valeurs toutes entières devaient s’aligner à tous les pans de ma vie. Ainsi j’ai compris que – pour reprendre une formule de Mathieu Ricard –  » l’amour pour les animaux ne s’arrêtait pas aux bords de l’assiette.  » Qu’il ne s’agissait pas en fait de manger de la viande, mais belle et bien de manger d’autres espèces, des animaux. J’ai su à ce moment là, que je ne pourrais plus jamais en mon âme et conscience consommer d’autres êtres vivants, d’autres coeurs battants, d’autres yeux, d’autres vies… C’est un passage qui s’est fait de manière très naturelle avec mon mari. Une porte s’était ouverte vers un autre monde, celui de l’antispécisme. Un monde dans lequel certaines vies ne sont plus au service de certaines autres. Un monde dans lequel la vie est la VIE. J’ai découvert des personnes puissantes et inspirantes comme le Capitaine Paul Watson. Un être d’exception capable de rallier des milliers de personnes dans le monde par un message simple  » Si l’océan meurt, nous mourrons !  » et des actions concrètes.

Aujourd’hui, je vous invite à mesurer à chaque fois que vous achetez un objet, un aliment, un vêtement la souffrance liée à sa fabrication. Est-ce que cette souffrance en vaut la peine ? Est-ce que vous asseoir sur des sièges en cuir dans votre auto augmente significativement votre bonheur ? Est-ce que porter de la fourrure vous rend-il plus heureux ? Est-ce que vous « embellir » à partir de produits testés sur des animaux en laboratoire vous rend-il plus belle ? Est-ce que manger des animaux vous rend-il plus en santé ? Est-ce que … si vous réfléchissez à votre mode de consommation : Consommeriez-vous autant ? Consommeriez-vous de la même manière ? Cet autre regard sur le monde aura un impact mesurable !

La vie est belle parce que la nature offre une biodiversité incroyable. Pourtant, chaque jour des espèces disparaissent. Pourtant chaque jour, elles disparaissent dans l’indifférence. Pourtant chaque jour nous portons la responsabilité de leur disparition…

Mettons notre énergie au service de la vie. Participons à entretenir les trésors de la Terre. Agissons quotidiennement : ne plus manger de viande ou de poisson, ou en consommer moins ; repenser notre manière de consommer par des actes concrets comme ne plus accepter les échantillons, les sur-emballages, favoriser les circuit-courts, vivre une vie plus slow !

J’avoue qu’aujourd’hui encore, j’ai beaucoup de mal a entendre « L’avenir, c’est à nos enfants de le dessiner « . L’avenir c’est nous dans nos actions quotidiennes, dans nos prises de position, dans notre manière d’être au monde. Parfois, je me demande combien de personnes portent un projet de civilisation qui ne se limitent pas à leurs enfants et petits enfants. Parfois, j’ai le sentiment que nombreux sont ceux qui se déresponsabilisent laissant à leur progéniture la lourde tâche de prendre soin de notre planète.

Nous vivons une nouvelle ère : l’antropocène. L’influence de l’être humain sur la biosphère a atteint un tel niveau qu’elle est devenue une « force géologique » majeure « (Source Wikipedia). Sommes-nous tellement aliénés par nos téléphones, nos voitures, nos médias, notre confort que vivre à crédit nous semblerait-t’il « normal » ?

Que faisons-nous au quotidien pour participer à la bien-traitance de la Terre et de tous ceux et celles qui la peuplent ?  Ceux-là même qui contribuent à maintenir un équilibre de plus en plus fragile…

La question n’est pas tant de savoir si l’homme est par nature omnivore ou végétarien. La question est : Est-ce que l’homme est suffisamment conscient pour vivre en état d’harmonie sans qu’il nourrisse la croyance que tout ici bas est là pour le servir et que peu importe les circonstances dans lesquelles ceux et celles qui le servent vivent tant qu’il y trouve son plaisir ?

Réveillons l’éco-guerrier qui sommeille en nous ! Agissons !

Merci au Capitaine Paul Watson pour son implication vicérale et inspirante à travers Sea Shepherd

- Ariane.
9 juillet 2017
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