Vivre le temps pour mieux se nourrir

Pour certains, se nourrir en conscience serait comme arrêter le temps :  » une action impossible !  » Le temps est en effet un must-have pour se nourrir en conscience. Et si nous apprenions à le dilater, à l’investir autrement que sur une échelle de 24h ? Toutes nos actions deviendraient alors plus conscientes.

On assène haut et fort « Je n’ai pas le temps ! » comme un mantra moderne.  Nous le répétons à qui veut bien l’entendre. Puis, au cours de notre évolution personnelle, nous prenons conscience que ce n’est pas tant que nous n’avons pas le temps, mais que nous ne le prenons pas. Enfin, un jour comme aujourd’hui, on décide de prendre ce temps et de l’investir autrement. On fait taire le mantra moderne, pour laisser s’exprimer la poésie de l’instant présent. Désormais, on vit le temps.

Il n’y a pas de moment idéal pour initier l’expérience du moment présent. Toutefois, l’été semble une saison parfaite pour engager cette nouvelle façon d’appréhender le temps, parce que la chaleur nous invite à ralentir et parce que le farniente s’installe dans nos vies de manière naturelle. Le temps d’une saison, le soleil remplace nos montres. On s’émerveille à son lever, on s’extasie à son coucher. On s’offre le luxe de se prélasser sous le soleil, de faire la sieste, de siroter longuement un verre, de contempler.

Se nourrir en conscience c’est s’ouvrir à l’abondance présente en nous et autour de nous par l’observation dénuée de jugement.  Pour ressentir la richesse de nos sensations intérieures, de nos ressources, de nos perceptions,  il est donc cette condition indispensable, le temps, celui de respirer en portant notre attention à notre souffle, à notre posture ; celui de contacter ses sens les uns après les autres :  la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher et le goût ; celui d’écouter à l’intérieur de soi.

L’observation est un des piliers de ce nouvel  apprentissage.  J’observe ma respiration, mon corps, mes sens qui s’éveillent tour à tour, mes sensations intérieures. Puis, je porte mon attention à mon environnement proche et j’étire ce faisceau au-delà, petit à petit, élargissant mon champ de vision, mon champ de conscience.  Au début, c’est un exercice qui demande de prendre le temps au sens où il est bon de se réserver un temps pour cela. Puis, vous verrez que cet exercice se transformera naturellement en habitude et que le temps ne sera plus une contrainte, mais un allié. Que vous pourrez à tout moment vivre cette observation dans tous les domaines de votre vie sans que le temps s’érige comme une barrière.

Nous commencerons par l’action de manger : libérez votre respiration, installez-vous confortablement dans une posture adaptée à la prise alimentaire (rien qui puisse entraver la respiration au niveau du ventre et du thorax). Votre dos est droit pour dégager l’abdomen et assurer au bol alimentaire un trajet fluide. Vos épaules sont basses et légèrement vers l’arrière pour dégager les plexus solaire et cardiaque. Si vous mangez assis à une table, les jambes sont décroisées et les pieds en contact avec le sol depuis les talons jusqu’aux orteils. Tous vos sens sont pleinement disponibles. Observez votre assiette, sentez-la, touchez-la, faîtes-la tourner pour observer plus finement son contenu. Laissez -vous guider par vos sens pour explorer votre assiette.  Ressentez les sensations à l’intérieur de vous. Observez les parties de votre corps qui appellent votre attention. Puis, touchez les couverts ou les aliments avec vos doigts. Pesez vos bouchées. Portez-les à votre nez pour humer, puis à votre bouche. Déposez le contenu sur votre langue. Croquez.  Mâchez  jusqu’à sentir le goût de l’aliment s’estomper pour disparaître. Chaque bouchée ainsi réduite répondra à l’adage de santé « Manger ce que l’on boit et boire ce que l’on mange ». Sentez le trajet de l’aliment depuis le fond de la gorge, descendre dans la trachée pour rejoindre l’estomac. Sentez l’apaisement de l’estomac comblé par chacune des bouchées. Prenez conscience des changements dans votre corps lorsque vous mangez. Observez, sans juger de la nature agréable ou désagréable de vos sensations. Peut-être, des tensions se dissipent, une sensation de détente s’installe ou à inversement des tensions apparaissent attirant votre attention sur des zones de votre corps.

Cette expérience peut être vécue en silence et seul, sur une partie ou sur l’ensemble du repas.  Vous découvrirez la puissance du moment présent et la richesse de chacune de ces expériences renouvelées. Vous affinerez vos perceptions. Vous renouerez avec la sagesse de votre corps petit à petit, observant des changements sur votre appétit, sur la qualité de vos aliments, sur la quantité de vos assiettes …

L’alimentation est vitale, mais elle n’est pas la seule nourriture du corps. Notre corps est nourri par le mouvement doux et conscient et par la respiration pleine. Les nourritures du cœur et de l’esprit sont tout autant importante pour notre équilibre de santé. Apprendre à remercier, à être pleinement disponible, se sentir reconnaissant…

Vivre le temps plutôt que de prendre le temps. Faites-en votre fidèle compagnon de route et invitez-le pour faire vous courses, pour cuisiner et pour toutes les actions que vous vivrez de manière consciente, à chaque fois que vous débrancherez le « pilote automatique ». L’alimentation consciente c’est aussi prendre soin de la qualité de ces aliments en optant pour des circuits-courts, des produits locaux de saison respectueux de l’écologie au sens large : environnementale, humaine et animale. Choisissez pour chacune de vos actions ce que vous souhaitez faire entrer à l’intérieur de vous dans la conscience de soi et de tout ce(ux) qui vous entoure(nt).

Pour cheminer en douceur sur le chemin d’une alimentation plus consciente, retrouvez 40 cartes de pratiques, rituels, exercices, inspirations et recettes dans mon jeu « Se nourrir en conscience », paru aux Éditions Le Souffle d’Or et disponible dans mon e-shop ! 28€ + frais de port – #madeinFrance

- Ariane.
18 juin 2017
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