À table !

 » À table !  » ou comment une injonction si brève nous éloigne de notre besoin fondamental de manger ? Il est admis que le rythme des prises alimentaires se compose de trois repas, et éventuellement de une à deux collations (10h et/ou 17h). Pour certains, l’abondance au cours de ces repas est source de culpabilité. Pour d’autres, c’est l’impasse sur un ou plusieurs repas, par manque d’appétit, par excès d’activités qui en fait oublier le repas ! À cela s’ajoute le bon sens populaire « qui dit que » : il serait bon de manger comme un roi le matin, comme un prince le midi et comme un pauvre le soir. « Pauvre le soir »…. alors que le dîner est le repas qui réunit le couple, la famille, les amis, les coloc’, celui encore où l’on se retrouve seul(e) enfin.
Pour la plupart d’entre nous, il est généreux et il permet de relâcher le rythme de la journée, de se déposer, de prendre le temps de manger, voire d’échanger autour d’une table. Voilà qui vient dérouter notre mental qui a enregistré l’adage populaire, et qui sait par conséquent qu’un repas léger serait mieux adapté ! Nous partageons le sentiment de savoir précisément quoi manger et en quelle quantité. Pourtant, nous nous sentons incapables de mettre en application ce que nous pensons bon pour nous. Et si un seul repas quotidien satisfaisait à couvrir nos besoins, alors pourquoi pas ! À chacun son équilibre.

Le matin, par exemple, le petit-déjeuner permet de sortir du jeûne de la nuit. Parmi nous, il y a ceux qui ont faim, ceux qui n’ont pas faim et ceux qui sont programmés à petit-déjeuner. Invitez-vous à observer le rythme de vos prises alimentaires, en contactant vos sensations au lever. Cela pendant plusieurs jours pour sentir si vous avez faim ou non, ou bien si le petit-déjeuner fait partie des nombreuses programmations que vous avez développées. Simplement observer sans tenter de modifier vos habitudes. Pour chaque repas, ressentez les sensations présentes. La question la plus élémentaire à se poser avant chaque repas est : Ai-je faim ? Si oui, comment s’exprime-t’elle ? Quelles sont les sensations qui m’informent que, ici et maintenant, dans mon corps, j’ai faim ?

À table ! ou comment déguiser une injonction en invitation ? Nombreux sommes-nous à avoir entendu cette formule résonner dans la maison, présentée aux invités sous une forme plus enrobée  « je vous invite à passer à table ». Voici donc venue l’heure de manger ! Ainsi, passons-nous à table obéissant et reconnaissant envers le ou la cuisinière. Mais a-t-on vraiment faim ?

À table ! ou comment dérégler notre horloge interne ? Celle la même qui prend soin d’organiser nos rythmes biologiques ? Oui, mais voilà, il y a une organisation familiale à respecter.
Enfant, j’observais que chez certaines de mes amies, chacun et chacune manger à des heures différentes. Une situation inconcevable pour moi à cette époque, pour qui les repas étaient proposés à heure fixe, temps de réunion familiale et d’équilibre alimentaire ! Aujourd’hui, je comprends cette situation.

Pourquoi manger à 19h lorsqu’on a faim à 18h ou à 20h ? Pourquoi doit-on nécessairement ritualiser les échanges pendant le repas ? Pourquoi ne pas privilégier un autre moment dans la soirée pour partager ? Pourquoi faire trois repas par jour, si avec un ou deux repas nous éprouvons du bien-être ? Ce qui pourrait être appréhendé comme une forme de désordre, pourrait trouver un plein équilibre dans l’écoute de nos propres besoins. Manger est une action vitale qui participe à couvrir nos besoins physiologiques. Il est possible de répartir les apports nutritionnels sur un nombre de repas qui nous semble juste. Une alimentation équilibrée fournit à l’organisme les sept nutriments essentiels (eau, lipides, glucides, protéines, minéraux, oligo-éléments et vitamines) apportés par des aliments de saisons, colorés, cuits avec modération, incluant une partie crue, favorisant des associations alimentaires digestes. Il suffira de veiller à assurer ces apports, à travers la qualité des aliments, leur cuisson et leur association.

À table ! ou comment mêler nos besoins à ceux des autres et faire nôtres les besoins de la famille ? Certains se disent, oui mais alors je vais devoir cuisiner davantage et à la carte en plus pour satisfaire aux besoins de chacun ? Faîtes évoluer votre manière de cuisiner pour offrir la possibilité à chacun de combiner ses plats. Proposez des légumes crus que chacun associera comme il le sentira. Inspirez-vous de la richesse des mézzes qui offrent de nombreuses combinaisons, des bowls qui ont l’avantage d’être équilibrés. Décomposer les repas plutôt qu’élaborer des plats complexes permettra à chacun de composer son assiette.

Que vous vous mettiez trois fois à table, que votre dîner reste le moment sacralisé où vous retrouvez les êtres aimés, l’essentiel est que vous vous sentiez bien ! Tout est OK ! Si ça n’est pas le cas, offrez-vous cette liberté : autorisez-vous à réinventer votre rythme, celui qui convient à votre corps, à votre coeur et à votre esprit ! Adoptez l’organisation qui vous offre paix et harmonie !

- Ariane.
6 février 2017
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